Poésie : Manifesto l’Esprit Princesse

Aujourd’hui j’ai 25 ans et j’avais envie de partager un texte coup de cœur :

Elle vient d’avoir 25 ans.

Je suis amoureux d’elle. Je sais. J’ai passé l’âge.
Ce matin, elle porte un caleçon d’homme comme si c’était une évidence,

comme si, depuis sa naissance, elle avait toujours porté des caleçons d’hommes.

Elle mériterait un Oscar pour sa façon de respirer.
Un jour, je l’ai vue dans un endroit improbable ôter son pull-over,
lequel s’est coincé dans ses cheveux, afin de me faire découvrir son soutien-gorge dernier cri.
Je crois que c’est ce jour-là où j’ai réellement craqué pour elle.

Mes parents me disent qu’il y a trop d’audace chez cette princesse moderne,
que c’est forcément casse-gueule une fille comme ça,
que je ferais bien, à mon âge, de calmer le jeu.
Bon sang. Comment leur expliquer que lorsqu’elle porte un grand marcel en coton,
elle ressemble à une suite ininterrompue de gestes réussis ?
Ce soir, je vais aller la rejoindre. Oui, je sors à présent.
C’est à cause des planètes et de ses sous-vêtements.
Je m’ouvre au monde.

– Il y a trop d’audace chez
cette princesse moderne –

Bonjour le monde, je m’appelle Nicolas Rey.
Bonjour Nicolas Rey.
Ce soir, donc, elle va porter un body avec une veste de smoking et des talons hauts.
Je vais voir ses jambes et avoir dans la tête cette phrase de François Truffaut :
« Les jambes des femmes sont des compas qui arpentent le globe terrestre en tous sens,
lui donnant son équilibre en toute harmonie ».

La nuit, lorsqu’on discute autour d’une tasse de café en fumant des cigarettes,
elle évoque son enfance, son goût pour la terre et les fleurs et,
dans un silence, le deuil de ses parents.
Il faut continuer pour eux, murmure-t-elle.
On ne peut pas continuer. On va continuer.

Enfin, à l’aube, vêtue d’un jean et d’une nuisette, elle me propose crânement :
« Viens, allons nous baigner ».
Nous sortons. Elle se dirige vers une fontaine près de chez moi.
Elle a de l’eau glacée jusqu’aux cuisses.
Au dessus de cette femme, un ange arrose ses cheveux sauvages.
Je plisse les yeux. Je souris. Je la regarde faire en pensant combien il est difficile de ne pas tomber amoureux des gens quand ils font des choses pareilles.

Elle ressemble à quelque chose de rare à ce moment là.
Elle ressemble à la liberté.

– NICOLAS REY –

Une très jolie lettre d’amour …
 » undress like a princesse « 
Malvina